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La déphase de Soissons
Clovis, amouraché d’un gros guerrier plein d’poils,
Lui offrit à Soissons un joli vase d’opale,
Puis retourna chez lui avec un bouquet d’fleurs
Vers sa femme adorée qui se mit en fureur :
« Et dans quoi j’vais les mettre ? C’est tout ce que tu ramènes
De tes pillages sanglants ? C’est vraiment pas la peine !... »
Clovis alla retrouver son amant sans tarder :
« Rend-moi mon vase, mon chou, ma femme est mal lunée ! »
L’autre n’osa pas dire qu’il l’avait mis en miettes
Dans une orgie, un soir qu’il jouissait comme une bête…
« Je ne sais plus où il est, dit-il, mais j’y peux rien…
Tu sais, je perds la tête, j’ai pris un coup d’gourdin… »
« Rappelle-toi notre vase » dit Clovis nostalgique,
Avec un coup de hache purement thérapeutique.
Mais le mal s’aggrava… Tant qu’on n’y connaît rien,
On peut jouer au docteur… mais pas au chirurgien !
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