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La 2CV et la grosse cylindrée
Un jour, dans un parking
souterrain,
Une deux pattes folklorique
Se trouva garée, ironie du
destin,
Près d’une limousine aux
chromes magnifiques.
La dodoche bonne enfant
Voulut entamer un brin de
causette,
Mais l’autre, la snobant,
Trop fière d’elle, fit la
muette.
Survient un couple de jeunes
amoureux
Qui aussitôt, comme des
chevaux fougueux,
Epanche dans la deux-pattes
son trop-plein d’énergie.
Et la voiture plie, tressaute
et rebondit,
Visiblement contente
De la joie débordante
De ses jeunes amis.
Quand l’orage est fini,
Elle se tourne vers la
limousine
Et dit : « Qu’en
pensez-vous, voisine ? »
La voiture de luxe soupire de
dépit.
« Hélas ! Point de
plaisir sur mes coussins,
Mes gens y attachent trop de
prix
Et l’amour, ô jamais, ne fit
vibrer mes reins ! »
Moralité :
Quand le désir vous presse
Qu’importe le flacon, pourvu
qu’on ait l’ivresse !
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Les adorateurs de l’alphabet
Une secte curieuse, sans
prêtres et sans abbés,
Vouait un culte étrange, en
furieux obsédés,
Aux lettres de l’alphabet, et
c’est en amoureux
Qu’ils retroussaient l’elfe,
Plumaient le geai,
S’tapaient du hasch
Et poussaient des hi hi
Quand Gigi gigotait.
Cas Gigi est un cas :
Elle aime
Qu’on lui chatouille l’aine,
Oh !
criait-elle, je prends mon P !
Et ils riaient de l’entendre
se tromper
En balançant son cul en l’air.
Auriez-vous détesté
Une aussi belle vérité ?
Gigi aimait surtout le double V
A cause du double mixte et du grand écart.
Certains pratiquent une autre
forme d’art
Dans un lit grec, car l’envers les obsède.
Gigi préfère les alphabêtises
de ses admirateurs :
Elle les trouve meilleures…
Que Dieu les aide !
Moralité :
L’alphabet n’est jamais qu’un
prétexte
Pour nous faire apprécier les
choses du texte !
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Le mensonge et la bougie
Quand le
mensonge entra dans la bouche,
Celle-ci joua
les Sainte Nitouche :
« Mais !
Voulez-vous sortir ! Espèce de dévoyé !
Je n’suis pas
celle que vous croyez ! »
Elle jura sur
l’honneur qu’elle était trop sincère
Pour accepter
de s’laisser faire.
Mais le
mensonge était si doux
Que très vite
il en vint à bout…
Il savait y
faire, l’animal !...
Il caressait
les amygdales,
Et, tout en
agaçant les dents,
Tournait et
retournait ses meilleurs arguments…
Les mâchoires,
révulsées, clapotaient, frénétiques,
Et se faisaient
toutes seules un mâchage érotique…
« C’est
trop bon ! » fit la bouche. J’me retiens plus…Aïe aïe aïe !
De plaisir,
elle cria, les lèvres en éventail :
« J’suis
retenue au bureau, j’rentrerai pas d’bonne heure ! »
Puis se referma
toute en sueur,
Souriante,
incapable de parler !....
-
Heureuse ? dit le mensonge à l’orifice comblé ...
Moralité
Pour qu’on vous
croie vraiment, faut y prendre du plaisir ;
Plus un
mensonge est gros, mieux on peut s’en servir…
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Petit congo
Petit conte petit compliment à ma compagne et concubine à propos de ce comploteur ce concerné de mille odeurs qui chaque instant me turlupine con si concis si conciliant mon complément mon continent un con pareil est comparable aux nids des cailles au coin du sable où convergent deux confluents ma compagne éparse mon compas comparse ce concret qui crie sur le tableau noir blanche autour la nuit petit con/cierge qui ruisselle surmonté du très rebelle et très complice confetti point rose sur le i du con/promis Concluant qui sue sous l'ongle le complot est à son comble comble comble ô combustible dans tes hanches qu'ont dansé je coule dans ce compatible tel un Concorde condamné Je me complais de ta complainte concerto que toi seule conduis plus fort que le sabre est l'étui conclu à l'endroit concombre à l'envers con fort comme la mort petit congo dors dors petit con dors...
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Le sapin et l’étoile
Tandis que
dehors minuit sonnait,
Un sapin de Noël
badinait.
- Accroche-toi
mieux, dit-il à l’étoile.
Serre-moi plus
fort, tu dois être mal…
Elle répond,
histoire de minauder :
- J’ose pas, tu
vas t’faire enguirlander…
- Moi j’m’en fiche,
j’ai déjà les boules !...
Y’a que pour toi
que mes bougies coulent !
J’oublie même
que je porte des paquets ;
Je redeviens le
roi des forêts !
Alors, elle se
fit plus câline…
- Tu les sens
bien, dit-il, mes épines ?...
Moralité :
Ne faisons pas
comme eux ! Car, de la cheminée,
Père Noël se
rince l’œil et oublie sa tournée…
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Le Noël de Cendrillon
Tous les ans, à minuit, le
Père Noël passait.
Au bal, à la même heure,
Cendrillon s’enfuyait,
Et toujours perdait sa
pantoufle ;
Elle rentrait juste à temps,
mais pleurait, à bout d’souffle,
De n’avoir plus la paire.
Pour son cadeau, tintin !
Car c’est le règlement, le
Père Noël y tient.
Aussi, quand il passait, la
belle robe en mousseline,
C’était pour les groles des
frangines !
Et voilà pourquoi Cendrillon
Tout’ l’année se prom’nait en
haillons.
Moralité :
A Noël, quand on est pompette,
Faut rester bien dans ses
baskets.
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L’hirondelle et le mois d’avril
Une hirondelle aimait l’mois
d’avril.
Sans l’avoir vu, elle
songeait, fébrile :
« Il m’aimera, c’est
sûr ! C’est un poète ! »
D’avance, elle le voyait dans
sa tête.
Mais quand avril enfin se
présenta,
Notre pauvre hirondelle
déchanta ;
Car celui-ci, comme une
midinette,
Marchait en tortillant d’la
pâquerette !...
Moralité :
Ne cherchons pas
d’impossibles amants :
Une hirondelle ne s’fait pas
le printemps !
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La fermière du Rwanda
Une fermière du
Rwanda
Qui était Hutu
de surcroît
Quitte sa case
et sa smala
Pour le marché
de Kampala
Elle veut
régaler sa tribu
D’un beau
chapon gras et dodu
Mais elle est
peu fortunée…
Et le marchand
Tutsi, rusé
Refuse de
baisser le prix
Du chapon
qu’elle a choisi.
Me le
donnerais-tu
Dit la cliente
Hutu
Contre une
gâterie
Sur ton beau
bengali ?
A voir, dit le
vendeur.
De cette
gâterie, quelle serait la valeur ?
Vaudrait-elle
un chapon ?
Il m’en
faudrait la preuve pour de bon
Aussitôt la
bougresse s’enfouit sous le boubou
Et vite fait
jaillir la sève du bambou.
J’ai gagné le
chapon, s’exclame l’innocente,
La bouche
encore pleine du produit de la vente …
Que nenni, lui
répond le volailler acerbe.
Tout comme la
figure, le chapon tu as perdu
Car, comme le
dit notre si beau proverbe :
Turlute Hutu,
chapon point eu !
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POÈME MATHÉMATIQUE
6 7 1 Q 9
7 1 Q 13 & 3
6 7 1 Q 13 & 3
7 1 10 20 PLAISIR
2 100 SERVIR
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FAIT ET FAIRE
Sexe charmant, à qui l'on
fait Ce qu'il est si joli de faire, Je voudrais vous avoir au fait, Pour vous montrer mon savoir-faire. Car avec vous, quand on le fait, On a tant de plaisir à faire Qu'on voudrait ne pas l'avoir fait Pour pouvoir encore vous le faire. Quand trop souvent on vous le fait, Bientôt on ne peut plus le faire; Vous avez sur nous, dans le fait, L'avantage de toujours faire. Mais comme sans nous, dans le fait, Belles, vous ne pourriez rien faire, Afin que cela soit bien fait, Ne vous le faites pas trop faire. L'époux qui jamais ne le fait, A sa femme défend de faire; Mais si l'épouse aime le fait, L'époux a beau dire et beau faire... Dût-il la prendre sur le fait, Elle trouve moyen de faire; De sorte que l'époux est fait... Pour n'avoir pas voulu le faire. Mais c'est assez parler du fait, Belles, devant vous, sans le faire, Vous me croiriez peut-être fait Pour en parler...et n'en rien faire. Sans plus tarder, venons au fait, Et vous verrez, me sentant faire, Que si je parle bien du fait Je sais encore bien mieux le faire.
(Anonyme - Anthologie
Libertine)

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LA PREMIERE FOIS
La première fois quand je l’ai vue
J’ai tout de suite remarqué son … regard
J’en étais complètement hagard
Dans ce jardin du Luxembourg Je me suis dit : il faut que je l’a….borde Pour voir si tous les deux on s’accorde
J’ai déposé mon baluchon Alors j’ai vu tes gros …. yeux doux J’en suis dev’nu un peu comme fou
Quand je t’ai dit que tu me plaisais Que j’aimerais bien te … revoir
Tu m’as donné rendez-vous le soir
Et je t’ai dit Oh Pénélope Que t’étais une sacrée …. belle fille Que je t’aimerais toute ma vie
Quand dans ce lit de marguerites Tu m’as caressé doucement la … tête Ma vie entière est une fête
Et sous les regards de la foule J’ai posé ma main sur ta …. main Vous voyez bien que ce n’est pas malsain
A l’ombre des eucalyptus Je t’ai dit : je veux que tu me … suives Je te sentais d’humeur lascive
Alors comme ça dans les tulipes Tu m’as fait une petite … promesse Gage d’affection et de tendresse
Si notre amour devait céder Je n’aurais plus qu’à me faire … prêtre Je ne pourrais jamais m’en remettre
Car si un jour notre amour rouille Je m’en mordrai très fort les … doigts Chérie vraiment je n’aime que toi
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L’Europe verte L’Europe verte ? C’est comme des vers de Prévert Ou de pré vert Un tapis vert Avec un anglais fort et vert Son vert-blé Dédée d’Anvers Un de la verte Irlande Un du petit vert de Rome Un de l’armée du Reich vert Et des souffrances du jeune Vert terre Un de la botte de Neuf verts D’autres divers Un passe au vert L’autre au travers L’autre est sévère Il persévère L’autre s’avère A découvert Les raisins sont trop verts Ils se regardent de travers Des vertes et des pas mûres Ah ! ce Chirac c’est un qu’a l’vert Lyrique à l’Alfred de Musset L’Europe il la lui faut ou verte Ou fermée. Opticon
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La cloche et le carillon
A Pâques, une jolie cloche revint vers sa maison
Et retrouva son carillon.
« T’as bien bronzé, dit-il, pendant que j’ai fait l’ménage…
Tous ces battants pendant l’voyage
Avec qui t’as sonné, j’parie que tu les comptes plus !... »
- C’est vrai, des sons j’en ai connus,
Dit la cloche, mais pourtant, y’a qu’avec toi que je vibre…
Je t’aime, même si j’veux rester libre.
Le carillon sourit, mais pour tinter, tintin !
« J’suis trop jaloux, dit-il, j’ai l’air d’un glas, ce matin !... »
Moralité
Pour se taper la cloche avec la tête haute
Faut d’abord oublier qu’y en a d’autres qui la sautent.
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Le travail du muguet
« Au premier mai, disait l’muguet,
Y’a que moi qui bosse ! J’trouve pas ça gai…
A chaque fois j’me fais mettre sur le trottoir, en pleine ville,
Pour me faire renifler l’pistil !... »
Ainsi râlait ce beau brin d’fleur,
Quand elle fut remarquée par un nez connaisseur.
« S’il ment comme il respire, pensa-t-elle, aïe aïe aïe !
J’en ai les feuilles en éventail… »
Alors elle ouvrit sa collerette
Et fit sonner sa p’tite clochette…
Moralité :
Quand c’est le premier mai, si nous offrons nos fleurs
Le travail, ça finit par donner du bonheur.
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Paris by Natte
Au Petit Palais
Millénaire art chinois
Emoi émoi émoi !
Merveilleux « Cheval volant »
Dans sa drôle de ma Chine,
Hippocampe époque Han,
Dernier Tang
Oh ! à Paris ?
Choses étant ce qu’elles Song
Linceul de jade
Princesse Teou-Wang
Pagode de maille
Jade-gouttière
Chose en soie pas tragique.
Poterie, pot Tao,
Vases d’élection
Piège à gong…
Au Petit Palais
Millénaire art chinois
Emoi émoi et moi
Love ma Chine.
Le Petit Lettré
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Il renaît le divin tiercé
Jouez euros, videz vos musettes !
Paix aux sommes de bonne volonté,
Paie émue, Sainte-Trinité…
(d’après Roland Bacri)
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Les tubes du Tour
Je n’suis pas bien portant
J’ai la rate
Qui s’éclate
Dans les côtes
Oui mon pote !
Ma vitesse
De neurones
C’est du tes
tostérone.
Mon dorsal
Qu’est pas mal
C’est du sal
butamol.
Pour l’amphète
Si vous m’faites
Les gros yeux
Et puisque
Vous voulez
M’les gonfler
A propos
Des EPO
PFC
J’laiss’ pisser.
Ah vraiment
c’est embêtant
Ce Tour nous
rend malades
On se dope
mais pourtant
On sporte bien
tout l’temps.
Roland Bacri
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A la manière de Nino Ferrer, il y a quelques années de cela…
Le Télécon
Marie-Claire a l’SFR
Oui mais Maurice il a Itinéris
Sa sœur Lola, elle a l’Ola,
Laisse faire ils se hériss’nt, oh ! la la !
Le Rodrigue, il a un Bouygu’s
Et lui aussi il n’y entrave que pouic.
Leur portable : insupportable,
Monsieur Gaston s’occupe à Télécon.
Gaston, y’a l’télécon qui son,
Occupé qu’y répond qu’on n’a person.
Cass’ ton télécon qui décon
Mais n’augmente un pacson
Mon abonn’mont.
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Petit poisson d’avril
Un tout petit poisson d’avril
Pendait tristement à son fil.
« J’en ai vraiment plein l’dos, criait-il en silence,
D’être tout seul dans l’existence ! »
Un joli dos, pourtant ! Car la cambrure des reins,
Un peu plus bas, semblait celle d’un vrai mannequin !
Brusquement, la jeune femme se baisse
Pour mettre à son p’tit chien sa laisse…
Notre aquatique papier, tête en bas, on l’devine,
Loucha vers l’échancrure du jean…
« Bon sang ! dit le poisson, la belle raie !... »
Et son corps, s’allongeant sous une émotion vraie,
Put jusqu’au pantalon s’en aller frétiller…
Le premier jour d’avril, même un poisson d’papier
Est capable de faire des folies.
Moralité :
Petit poisson deviendra grand, pourvu que Dieu lui prête envie.
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Les deux cloches
Ce fut le matin d’Pâques qu’une cloche, arrivant,
Retrouva son amour d’antan.
Celle-ci, poussée par le chômage,
Avait dû se recycler comme cloche à fromage…
L’autre eut du mal à s’habituer :
Ca changeait de l’odeur de sainteté !
Bien qu’ayant suffoqué d’abord à son approche,
Elle eut quand même envie d’lui faire sonner sa cloche,
Et son battant ne fit qu’un bond,
Afin que, l’une dans l’autre, elles vibrent à l’unisson…
Mais pour tinter : tintin ! A l’amant tout en nage
Le silence répondit. Puis la cloche à fromage
Lui avoua d’un air moqueur :
« Arrête, mon chéri, tu bats l’beurre ! »
Moralité :
Quand on s’tape la cloche entre amis
C’est pas les plus beurrés qui font le plus de bruit.
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A propos des contractuelles en bleu pervenche
Bluette à la Trenet
Un doux parfum qu’on respire
C’est fleur bleue.
Ah ! pastel près de ma tire ?
C’est peur bleue.
Nuanc’ difficile à dire…
Pas très franche
Ton qui tranche
C’est pervenche !
« Mad’moisell’ je vous azure… »
Colèr’ bleue.
PV ? je le jure sur
L’habit bleu !
Que notre pervenche alerte
Mérite d’être couverte
Oui, de bleus !
Le Petit Lettré -1977 -
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Le mot de Cambronne
Cambronne avait horreur de l’onomatopée :
Un mot, seul, bien choisi, concrétise une idée.
Les Cinq lettres du mot sont trop ou pas assez :
Pas assez pour l’oreille, un peu trop pour le nez.
Mais le choix d’un slogan, digne de l’Angleterre,
Pour un grand général privé de dictionnaire,
Ne fut pas chose aisée et certes nos rhéteurs
En ont qui dégagent de plus fades odeurs.
Ce mot-là n’est pas fait pour livres de cuisine,
C’est un juron, plus bref qu’un coup de guillotine.
Pensons-y quelquefois, mais n’en parlons jamais,
Car plus on la remue, et plus ça sent mauvais.
Que Cambronne soit loué ! Méditons la franchise
Avec laquelle il leur offrit la friandise.
Et sa garde qui meurt et qui ne se rend pas,
Vaut femme qui se rend, se meurt, et…n’en meurt pas !
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Les deux poules et le Père Noël
Deux gentilles petites poules, chacune dans sa roulotte,
Avaient commandé au Père Noël une grosse cagnotte.
La première avait un petit poil à mazout dans sa cheminée
Dont la fumée semblait chanter
En dansant sur son toit :
« Entrez, entrez, il y a du bon feu chez moi. »
La deuxième avait un radiateur électrique.
Lorsque le Père Noël arriva avec sa hotte,
Ne voyant pas de fumée dans la deuxième roulotte,
Il la crut à l’abandon
Et dans la première il déposa tout son pognon.
Moralité :
Quand on est une petite cocotte
Et qu’on veut se faire une grosse cagnotte,
Il faut savoir crier sur les toits qu’on a du feu dans sa roulotte.
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Le sapin mécontent
Tous les ans dans la verte forêt
Les bûcherons choisissent des sapins
Pour le soir de Noël, afin de décorer
La table des festins.
Mais un pauvre sapin oublié
Un jour en eut assez :
« Je veux qu’on me fasse ma fête,
Qu’on couronne ma tête,
Qu’on flatte mes aiguilles.
Je veux qu’on m’illumine. »
Les animaux de la forêt
Furent pris de pitié.
L’araignée tissa un grand fil argenté,
Le ver-luisant alluma ses lampions,
Mais le sapin était toujours grognon
Et il cria devant la foule :
- Où sont mes boules ? Je veux mes boules !
Un grand mâle de cerf dit : « Tiens, les voilà ! »
Et sur la plus haute branche il se califourcha.
Mais par son poids, hélas, le sapin il brisa.
Moralité :
Quand on n’a pas ce que l’on aime
Il faut aimer ce que l’on a.
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Le Père Noël et la poupée
Le Père Noël ne passera pas, cette année.
Le Père Noël est amoureux, c’est insensé.
Il aime d’un amour fou,
Pour ses beaux yeux, pour ses dessous,
Une adorable poupée au rire de porcelaine.
Tous les petits enfants auront beaucoup de peine,
Mais le sort en est jeté :
Le Père Noël ne passera pas cette année.
Sauf si… mais attendez…
En effet, le vieux bonhomme est inquiet :
Il ne peut sourire à sa poupée,
Car il a égaré son dentier.
Il paraît qu’une sorcière a voulu lui venir en aide
En lui disant : laisse faire l’amour qui t’obsède…
Le Père Noël écouta la sorcière
Et ouvrit la bouche en pleine lumière.
La poupée, à cette vue, en mourut d’horreur.
Et le vieux comprit, trop tard, son erreur.
Moralité :
Quand on aime, on a toujours vingt dents.
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Le corbeau, les cigognes et le Messie
Voici l’histoire
De Mambo,
Un corbeau noir
Au corps très beau.
Présentant bien,
Dans son costume rouge et vert en satin
Et sa chemise rose en satin,
Tous ses copains
L’appelaient Mambo-satin.
Comme il venait de s’acheter à crédit
Des super-chaussures blanches vernies,
Il n’avait plus de sous pour se louer un nid :
C’est par terre, au Bois de Boulogne, qu’il dormait chaque nuit
Et comme, de tous les habitués,
C’était le seul qui venait au bois pour ronfler,
Tout le monde l’appelait
Mambo-satin- roi-des-fourrés.
La nuit de Noël, après avoir quitté
Leur couvent à dix heures et demie,
Pour se rendre à la messe de minuit,
Un troupeau de cigognes
S’était perdu en plein Bois de Boulogne
Après être tombé en panne de bagnole
Et pour des religieuses, quelle malchance
De se retrouver en un tel lieu en panne d’essence !
En voyant le beau corbeau endormi,
Elles le prirent pour le Messie.
La plus hardie
La réveille et lui dit :
« On n’a plus rien à se mettre dans le moteur.
Remplis-nous notre bidon, Ô Seigneur.
On nage dans la débâcle,
De grâce, fais-nous un miracle ! »
Croyant à un cadeau de Noël,
Mambo-satin, roi des fourrés,
Se jette sur elles
Et se met à les … aligner
Derrière un buisson
Pour jouer à saute-mouton.
Les cigognes se laissèrent faire
Puisqu’elles le prenaient pour le fils de Dieu le Père !
Le lendemain elles se réveillèrent
Avec des poches sous les paupières,
Disant que Jésus était bidon,
Car toujours vide était leur bidon.
Moralité :
On se réveille souvent avec des cernes
Quand on prend le Messie pour une citerne
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La dinde et le Père Noël
Une jeune dinde qui n’avait rien vu
S’égara un jour chez le Père Noël.
Le barbu lui dit : sois la bienvenue !
Quel bonheur pour moi de te voir si belle !
La dinde tout émue bafouille du croupion.
- Viens dans mon traîneau, dit le vieux barbon,
Je te montrerai tous mes beaux joujoux.
La dinde naïve saute sur ses genoux
Et déjà glougloute soupirs et mots doux.
Mais elle crie soudain : - Pourquoi bavez-vous ?
Et pourquoi vos mains fouinent-elles là-dessous ?
- Ne t’inquiète donc pas ! dit le vieux barbon,
Je calcule ton poids et ton temps de cuisson.
Et d’un coup d’un seul il lui tord le cou.
Moralité :
Jeune dinde, si vous êtes trop belle,
Ne croyez jamais au pervers Noël !
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La déphase de Soissons
Clovis, amouraché d’un gros guerrier plein d’poils,
Lui offrit à Soissons un joli vase d’opale,
Puis retourna chez lui avec un bouquet d’fleurs
Vers sa femme adorée qui se mit en fureur :
« Et dans quoi j’vais les mettre ? C’est tout ce que tu ramènes
De tes pillages sanglants ? C’est vraiment pas la peine !... »
Clovis alla retrouver son amant sans tarder :
« Rend-moi mon vase, mon chou, ma femme est mal lunée ! »
L’autre n’osa pas dire qu’il l’avait mis en miettes
Dans une orgie, un soir qu’il jouissait comme une bête…
« Je ne sais plus où il est, dit-il, mais j’y peux rien…
Tu sais, je perds la tête, j’ai pris un coup d’gourdin… »
« Rappelle-toi notre vase » dit Clovis nostalgique,
Avec un coup de hache purement thérapeutique.
Mais le mal s’aggrava… Tant qu’on n’y connaît rien,
On peut jouer au docteur… mais pas au chirurgien !
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Qu’est-ce qu’elle a, ma gaule ?
Un jour, le grand César, un peu las de la guerre,
Vint pêcher en Auvergne, au bord d’une rivière ;
Une ligne y trempait qu’agitait un poisson.
Alors Jules s’en empare quand soudain, d’un buisson,
Sort Vercingétorix, débraillé, mais très digne.
- On peut plus s’absenter ? Pêche ailleurs, c’est ma ligne !...
- Cette gaule m’appartient ! fit César convaincu ;
Je suis venu, j’ai vu, et surtout j’ai VAINCU !
- Peut-être, mais moi j’ai qu’une seule gaule…
Dit Vercingétorix qui savait être drôle.
- C’est ma foi vrai, quelle tige !... rétorqua le Romain ;
Voyons si t’en es digne, Gaulois ; défends-la bien !
Puis César attaqua le moustachu barbare
Et le fit entrer à jamais dans l’Histoire…
Moralité :
Tous les chemins mènent à Rome, c’est la leçon des anciens.
Grâce à eux, cette fois-là, la guerre des gaules prit fin.
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Les étrennes du gamin
Quand r’vient l’preumi janvier, c’ess t’avec émotion
Que j’erpinse à m’jeun’ temps, à tout’ les traditions
Des nouvel an passés, quand, avec mes parints,
Je f’sos l’tournée d’étrennes selon un rit’ souv’rain.
On dallot, tout matin, visiter l’parinté,
Répétant, sans façon, « Bonne année, bonn’ santé ! »,
A l’vieill’ ma tant’ sans dints, à l’généreus’ marraine,
Au vieux mon oncl’ barbu comme à l’cousin’ germaine.
C’astot, suivant les cas, des souhaits fort sérieux,
Des fricassées d’musiaux, des complimints joyeux.
C’qui y avot d’amusant, c’est, qu’avant chaqu’ maison,
Em popa annonçot l’couleur d’el réception .
« Droci, qu’y nous disot, ça s’ra des p’tits bols bleus
Et du fayeux café, des chucs coupés in deux,
Un mélange ed biscuits ach’tés au p’tit bazar,
Mais eun’ bonn’ goutte à prones comme on n’in boit null’ part »
A l’deuxièm’ port’, ç’astot eun’ maison pus bourgeoise :
On avot des gaufrettes et d’el goutte à framboise.
D’sus l’nappe y’avot des tasses, des sous-tasses, des cuillères,
Et même eun’ pince à sucr’ dins un sucrier d’verre.
Là, j’ercevos m’bon an, eun’ pièce ed quarant’ sous,
Pour mi, eun’ vraie fortune, un trésor, un bijou !...
A l’troisièm’ port’, par contr’, chez l’vagu’ cousin mireux,
On r’fusot d’print’ quedcose : ça f’sot plaisir aux deux.
Mais i fallot quand mêm’ goûter s’goutte favorite,
Du cassis, d’un goût fade… car après chaque visite,
I r’mettot n’béquie d’iau pou rattraper l’niveau…
Pi on r’perdot no rout’ pinsant vir’ du nouviau.
Alors, à l’port’ suivant’, el caf’tière à cauchettes
Nous rattindot d’sus l’poêle in feumiant pas s’busette.
Là, on causot des gins, mingeant des macarons,
Buvant un fond d’cognac qui vous donnot l’frisson.
Ainsi, pindant longtemps, a comminché l’année,
L’estomac barbouillé mais contint d’no tournée.
Quand approchot midi, on rintrot à l’maison :
Alors, d’sus l’poêle à pot, on réchauffot l’bouillon.
On dinot sans traîner, connaissant les usages
Des cousins, des mais, des gins du voisinage,
Respectant, yeusses étout, l’programme de leu’ tournée.
Oui, l’Nouvel An, pour mi, ça s’tot eun’ bell’ journée !
J’in ai de bons souv’nirs, et m’mémoire est gardienne
Du caractère sacré des traditions anciennes.
Café, gouttes ed tout’s sortes, gaufrettes ou macarons,
Pou ercevoir leus gins, chacun avot s’façon.
Qu’ça fusse tout au matin, à midi ou au soir,
J’sus co de c’vieux temps-là, si vos volez l’savoir.
Si vous v’nez m’esbimer, vos n’aurez point d’surprises :
Vos aurez des galettes et d’el goutte à cerises…
D’après Auguste HANON, poète patoisant de l’Avesnois.
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La vraie chanson de Roland
« Elles sont folles de mon corps ! » dit Roland à Roncevaux.
De cette armée en marche traversant monts et vaux,
Il commandait l’arrière ; c’était la bonne combine
Pour affronter tranquille les petites Sarrasines
Que ces preux ramenaient, fourbus, de leurs combats.
Sur des chariots branlants, on faisait la nouba !
Les esclaves aspiraient à leur tailler leurs bières,
Car en faisant l’amour, elles faisaient la guerre.
Si bien qu’elles se ruèrent sur Roland assailli
Par tant de Sarrasines, comme une crêpe aplati…
« Olivier, gémit-il, j’assure que dalle !
Viens me prêter main forte, j’trouve plus ma Durandal ! »
- La v’là ! dit Olivier tout en la brandissant…
Loin devant, Charlemagne eut un pressentiment.
« On dirait que mon neveu se fait prendre à l’arrière… »
- Tu parles, Charles ! C’est mon bide ! dit un soldat vulgaire…
Ainsi mourut Roland, longeant un col étroit.
Moralité :
L’amour, dans les transports, c’est plus dangereux qu’on croit !
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La petite souris qui voulait devenir aussi grosse que son beauf
La petite souris des champs
S’en vint rendre visite à sa sœur
Dans son loft du Sacré-Cœur.
En voyant son beauf’ bien gros et bien rond
Qui sentait bon le pognon,
Elle décida de devenir, elle pourtant si menue,
Comme lui aussi ventrue.
Sa sœur alors lui dit : « Au contraire, animal,
Renonce à tes projets de ripaille
Et conserve bien ton tour de taille
Si tu veux t’élever dans l’échelle sociale.
Sache aussi qu’il te faudra beaucoup de santé pour grimper
Tous les barreaux de cette échelle de société
Qu’on appelle aussi une échelle de pompiers
Tellement son sommet donne le vertige,
Car plus on grimpe et plus les barreaux ressemblent à des vestiges.
Un conseil encore :
Fais du sport,
Car dans ce monde, si l’on manque de souffle,
On peut en mourir si on étouffe.
Fais comme moi, comme tout le monde,
Fais des pompes.
Tu devras aussi prendre grand soin
De chaque barreau que tu tiendras en main.
De plus, si tu veux plaire,
Il te faudra soigner ton vocabulaire.
Pour être introduite dans le monde,
Il faut avoir une conversation profonde,
C’est-à-dire avoir la langue experte,
Montrer que l’on est une femme ouverte,
Et faire savoir que l’on aspire
A prendre en main son avenir.
Le lendemain,
Elle mit la main
Sur le premier barreau de l’échelle sociale,
Après avoir dîné avec un conseiller municipal.
Aujourd’hui la voilà déjà
Assistante d’un grand avocat…
Mais elle grimpera encore plus haut,
Elle qui a su introduire le plus important membre du barreau
… Dans sa chambre des requêtes.
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La note et le musicien
Un musicien tomba amoureux d’une note.
Mais c’était une note échappée d’un missel,
Confite de prières et d’humeur fort dévote.
Jour et nuit pourtant il câlina la belle.
L’adorée prit des pauses, il poussa des soupirs.
D’idées noires en nuits blanches, il souffrit le martyre.
Il la traita de ut, elle le traita de fat,
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