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01/07/2008 7:13
La 2CV et la grosse cylindrée  0 commentaire

La 2CV et la grosse cylindrée

 

Un jour, dans un parking souterrain,

Une deux pattes folklorique

Se trouva garée, ironie du destin,

Près d’une limousine aux chromes magnifiques.

 

La dodoche bonne enfant

Voulut entamer un brin de causette,

Mais l’autre, la snobant,

Trop fière d’elle, fit la muette.

 

Survient un couple de jeunes amoureux

Qui aussitôt, comme des chevaux fougueux,

Epanche dans la deux-pattes son trop-plein d’énergie.

 

Et la voiture plie, tressaute et rebondit,

Visiblement contente

De la joie débordante

De ses jeunes amis.

 

Quand l’orage est fini,

Elle se tourne vers la limousine

Et dit : « Qu’en pensez-vous, voisine ? »

 

La voiture de luxe soupire de dépit.

« Hélas ! Point de plaisir sur mes coussins,

Mes gens y attachent trop de prix

Et l’amour, ô jamais, ne fit vibrer mes reins ! »

 

Moralité :

Quand le désir vous presse

Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse !

 


03/06/2008 6:37
Les adorateurs de l'alphabet  0 commentaire

Les adorateurs de l’alphabet

 

Une secte curieuse, sans prêtres et sans abbés,

Vouait un culte étrange, en furieux obsédés,

Aux lettres de l’alphabet, et c’est en amoureux

Qu’ils retroussaient l’elfe,

Plumaient le geai,

S’tapaient du hasch

Et poussaient des hi hi

Quand Gigi gigotait.

Cas Gigi est un cas :

Elle aime

Qu’on lui chatouille l’aine,

Oh ! criait-elle, je prends mon P !

Et ils riaient de l’entendre se tromper

En balançant son cul en l’air.

Auriez-vous détesté

Une aussi belle rité ?

Gigi aimait surtout le double V

A cause du double mixte et du grand écart.

Certains pratiquent une autre forme d’art

Dans un lit grec, car l’envers les obsède.

Gigi préfère les alphabêtises de ses admirateurs :

Elle les trouve meilleures…

Que Dieu les aide !

 

Moralité :

L’alphabet n’est jamais qu’un prétexte

Pour nous faire apprécier les choses du texte !

 


18/05/2008 9:48
Le mensonge et la bougie  0 commentaire

Le mensonge et la bougie

 

 

Quand le mensonge entra dans la bouche,

Celle-ci joua les Sainte Nitouche :

« Mais ! Voulez-vous sortir ! Espèce de dévoyé !

Je n’suis pas celle que vous croyez ! »

 

Elle jura sur l’honneur qu’elle était trop sincère

Pour accepter de s’laisser faire.

Mais le mensonge était si doux

Que très vite il en vint à bout…

 

Il savait y faire, l’animal !...

Il caressait les amygdales,

Et, tout en agaçant les dents,

Tournait et retournait ses meilleurs arguments…

 

Les mâchoires, révulsées, clapotaient, frénétiques,

Et se faisaient toutes seules un mâchage érotique…

 

« C’est trop bon ! » fit la bouche. J’me retiens plus…Aïe aïe aïe !

De plaisir, elle cria, les lèvres en éventail :

« J’suis retenue au bureau, j’rentrerai pas d’bonne heure ! »

Puis se referma toute en sueur,

Souriante, incapable de parler !....

- Heureuse ? dit le mensonge à l’orifice comblé ...

 

Moralité

 

Pour qu’on vous croie vraiment, faut y prendre du plaisir ;

Plus un mensonge est gros, mieux on peut s’en servir…

 


27/04/2008 20:30
Dors, petit con, dors...  0 commentaire

Petit congo

Petit conte petit compliment
à ma compagne et concubine
à propos de ce comploteur
ce concerné de mille odeurs
qui chaque instant me turlupine

con si concis si conciliant
mon complément mon continent
un con pareil est comparable
aux nids des cailles au coin du sable
où convergent deux confluents

ma compagne éparse
mon compas comparse
ce concret qui crie
sur le tableau noir
blanche autour la nuit

petit con/cierge qui ruisselle
surmonté du très rebelle
et très complice confetti
point rose sur le i
du con/promis

Concluant qui sue sous l'ongle
le complot est à son comble
comble comble ô combustible
dans tes hanches qu'ont dansé
je coule dans ce compatible
tel un Concorde condamné

Je me complais de ta complainte
concerto que toi seule conduis
plus fort que le sabre est l'étui

conclu à l'endroit
concombre à l'envers
con fort comme la mort
petit congo dors
dors petit con dors...


02/04/2008 8:47
Le sapin et l'étoile  0 commentaire

Le sapin et l’étoile

 

Tandis que dehors minuit sonnait,

Un sapin de Noël badinait.

- Accroche-toi mieux, dit-il à l’étoile.

Serre-moi plus fort, tu dois être mal…

Elle répond, histoire de minauder :

- J’ose pas, tu vas t’faire enguirlander…

- Moi j’m’en fiche, j’ai déjà les boules !...

Y’a que pour toi que mes bougies coulent !

J’oublie même que je porte des paquets ;

Je redeviens le roi des forêts !

Alors, elle se fit plus câline…

- Tu les sens bien, dit-il, mes épines ?...

 

Moralité :

Ne faisons pas comme eux ! Car, de la cheminée,

Père Noël se rince l’œil et oublie sa tournée…


19/03/2008 15:00
Le Noël de Cendrillon  0 commentaire

Le Noël de Cendrillon

 

Tous les ans, à minuit, le Père Noël passait.

Au bal, à la même heure, Cendrillon s’enfuyait,

Et toujours perdait sa pantoufle ;

Elle rentrait juste à temps, mais pleurait, à bout d’souffle,

De n’avoir plus la paire. Pour son cadeau, tintin !

Car c’est le règlement, le Père Noël y tient.

Aussi, quand il passait, la belle robe en mousseline,

C’était pour les groles des frangines !

Et voilà pourquoi Cendrillon

Tout’ l’année se prom’nait en haillons.

Moralité :

A Noël, quand on est pompette,

Faut rester bien dans ses baskets.


17/03/2008 19:33
L'hirondelle et le mois d'avril  1 commentaire

L’hirondelle et le mois d’avril

 

Une hirondelle aimait l’mois d’avril.

Sans l’avoir vu, elle songeait, fébrile :

« Il m’aimera, c’est sûr ! C’est un poète ! »

D’avance, elle le voyait dans sa tête.

 

Mais quand avril enfin se présenta,

Notre pauvre hirondelle déchanta ;

Car celui-ci, comme une midinette,

Marchait en tortillant d’la pâquerette !...

 

Moralité :

Ne cherchons pas d’impossibles amants :

Une hirondelle ne s’fait pas le printemps !


22/02/2008 16:01
La fermière du Rwanda  1 commentaire

 

La fermière du Rwanda

Une fermière du Rwanda

Qui était Hutu de surcroît

Quitte sa case et sa smala

Pour le marché de Kampala

Elle veut régaler sa tribu

D’un beau chapon gras et dodu

Mais elle est peu fortunée…

Et le marchand Tutsi, rusé

Refuse de baisser le prix

Du chapon qu’elle a choisi.

Me le donnerais-tu

Dit la cliente Hutu

Contre une gâterie

Sur ton beau bengali ?

A voir, dit le vendeur.

De cette gâterie, quelle serait la valeur ?

Vaudrait-elle un chapon ?

Il m’en faudrait la preuve pour de bon

Aussitôt la bougresse s’enfouit sous le boubou

Et vite fait jaillir la sève du bambou.

J’ai gagné le chapon, s’exclame l’innocente,

La bouche encore pleine du produit de la vente …

Que nenni, lui répond le volailler acerbe.

Tout comme la figure, le chapon tu as perdu

Car, comme le dit notre si beau proverbe :

Turlute Hutu, chapon point eu !

 


18/02/2008 9:36
Poème mathématique  0 commentaire

 

POÈME MATHÉMATIQUE

6 7 1 Q 9

7 1 Q 13 & 3

6 7 1 Q 13 & 3

7 1 10 20 PLAISIR

2 100 SERVIR

 

 

 


13/02/2008 23:08
Fait et faire  0 commentaire

FAIT ET FAIRE

Sexe charmant, à qui l'on fait
Ce qu'il est si joli de faire,
Je voudrais vous avoir au fait,
Pour vous montrer mon savoir-faire.

Car avec vous, quand on le fait,
On a tant de plaisir à faire
Qu'on voudrait ne pas l'avoir fait
Pour pouvoir encore vous le faire.

Quand trop souvent on vous le fait,
Bientôt on ne peut plus le faire;
Vous avez sur nous, dans le fait,
L'avantage de toujours faire.

Mais comme sans nous, dans le fait,
Belles, vous ne pourriez rien faire,
Afin que cela soit bien fait,
Ne vous le faites pas trop faire.

L'époux qui jamais ne le fait,
A sa femme défend de faire;
Mais si l'épouse aime le fait,
L'époux a beau dire et beau faire...

Dût-il la prendre sur le fait,
Elle trouve moyen de faire;
De sorte que l'époux est fait...
Pour n'avoir pas voulu le faire.

Mais c'est assez parler du fait,
Belles, devant vous, sans le faire,
Vous me croiriez peut-être fait
Pour en parler...et n'en rien faire.

Sans plus tarder, venons au fait,
Et vous verrez, me sentant faire,
Que si je parle bien du fait
Je sais encore bien mieux le faire.

 

(Anonyme - Anthologie Libertine)

 

271-Dans chaque femme.jpg


08/02/2008 19:23
Mets la rime que tu préfères !  0 commentaire

LA PREMIERE FOIS

La première fois quand je l’ai vue

J’ai tout de suite remarqué son … regard

J’en étais complètement hagard

Dans ce jardin du Luxembourg
Je me suis dit : il faut que je l’a….borde
Pour voir si tous les deux on s’accorde

J’ai déposé mon baluchon
Alors j’ai vu tes gros …. yeux doux
J’en suis dev’nu un peu comme fou

Quand je t’ai dit que tu me plaisais
Que j’aimerais bien te … revoir

Tu m’as donné rendez-vous le soir

Et je t’ai dit Oh Pénélope
Que t’étais une sacrée …. belle fille
Que je t’aimerais toute ma vie

Quand dans ce lit de marguerites
Tu m’as caressé doucement la … tête
Ma vie entière est une fête

Et sous les regards de la foule
J’ai posé ma main sur ta …. main
Vous voyez bien que ce n’est pas malsain

A l’ombre des eucalyptus
Je t’ai dit : je veux que tu me … suives
Je te sentais d’humeur lascive

Alors comme ça dans les tulipes
Tu m’as fait une petite … promesse
Gage d’affection et de tendresse

Si notre amour devait céder
Je n’aurais plus qu’à me faire … prêtre
Je ne pourrais jamais m’en remettre

Car si un jour notre amour rouille
Je m’en mordrai très fort les … doigts
Chérie vraiment je n’aime que toi

 


02/02/2008 6:10
L'Europe verte  0 commentaire

L’Europe verte

 

L’Europe verte ?

C’est comme des vers de Prévert

Ou de pré vert

Un tapis vert

Avec un anglais fort et vert

Son vert-blé

Dédée d’Anvers

Un de la verte Irlande

Un du petit vert de Rome

Un de l’armée du Reich vert

Et des souffrances du jeune Vert terre

Un de la botte de Neuf verts

D’autres divers

Un passe au vert

L’autre au travers

L’autre est sévère

Il persévère

L’autre s’avère

A découvert

Les raisins sont trop verts

Ils se regardent de travers

Des vertes et des pas mûres

Ah ! ce Chirac c’est un qu’a l’vert

Lyrique à l’Alfred de Musset

L’Europe il la lui faut ou verte

Ou fermée.

 

Opticon

 

462-Dame européenne.jpg 


30/01/2008 16:13
La cloche et le carillon  0 commentaire

La cloche et le carillon

A Pâques, une jolie cloche revint vers sa maison

Et retrouva son carillon.

« T’as bien bronzé, dit-il, pendant que j’ai fait l’ménage…

Tous ces battants pendant l’voyage

Avec qui t’as sonné, j’parie que tu les comptes plus !... »

- C’est vrai, des sons j’en ai connus,

Dit la cloche, mais pourtant, y’a qu’avec toi que je vibre…

Je t’aime, même si j’veux rester libre.

Le carillon sourit, mais pour tinter, tintin !

« J’suis trop jaloux, dit-il, j’ai l’air d’un glas, ce matin !... »

Moralité

Pour se taper la cloche avec la tête haute

Faut d’abord oublier qu’y en a d’autres qui la sautent.


30/01/2008 10:28
Le travail du muguet  0 commentaire

Le travail du muguet

« Au premier mai, disait l’muguet,

Y’a que moi qui bosse ! J’trouve pas ça gai…

A chaque fois j’me fais mettre sur le trottoir, en pleine ville,

Pour me faire renifler l’pistil !... »

Ainsi râlait ce beau brin d’fleur,

Quand elle fut remarquée par un nez connaisseur.

« S’il ment comme il respire, pensa-t-elle, aïe aïe aïe !

J’en ai les feuilles en éventail… »

Alors elle ouvrit sa collerette

Et fit sonner sa p’tite clochette…

Moralité :

Quand c’est le premier mai, si nous offrons nos fleurs

Le travail, ça finit par donner du bonheur.


30/01/2008 9:21
Paris by natte  0 commentaire

Paris by Natte

Au Petit Palais

Millénaire art chinois

Emoi émoi émoi !

Merveilleux « Cheval volant »

Dans sa drôle de ma Chine,

Hippocampe époque Han,

Dernier Tang

Oh ! à Paris ?

Choses étant ce qu’elles Song

Linceul de jade

Princesse Teou-Wang

Pagode de maille

Jade-gouttière

Chose en soie pas tragique.

Poterie, pot Tao,

Vases d’élection

Piège à gong…

Au Petit Palais

Millénaire art chinois

Emoi émoi et moi

Love ma Chine.

Le Petit Lettré


30/01/2008 8:58
Il renaît le divin tiercé  0 commentaire

Il renaît le divin tiercé

Jouez euros, videz vos musettes !

Paix aux sommes de bonne volonté,

Paie émue, Sainte-Trinité…

(d’après Roland Bacri)


29/01/2008 19:08
Je n'suis pas bien portant  0 commentaire

Les tubes du Tour

Je n’suis pas bien portant

J’ai la rate

Qui s’éclate

Dans les côtes

Oui mon pote !

Ma vitesse

De neurones

C’est du tes

tostérone.

Mon dorsal

Qu’est pas mal

C’est du sal

butamol.

Pour l’amphète

Si vous m’faites

Les gros yeux

Et puisque

Vous voulez

M’les gonfler

A propos

Des EPO

PFC

J’laiss’ pisser.

Ah vraiment

c’est embêtant

Ce Tour nous

rend malades

On se dope

mais pourtant

On sporte bien

tout l’temps.

Roland Bacri



28/01/2008 23:20
Le Télécon  0 commentaire

A la manière de Nino Ferrer, il y a quelques années de cela…

Le Télécon

Marie-Claire a l’SFR

Oui mais Maurice il a Itinéris

Sa sœur Lola, elle a l’Ola,

Laisse faire ils se hériss’nt, oh ! la la !

Le Rodrigue, il a un Bouygu’s

Et lui aussi il n’y entrave que pouic.

Leur portable : insupportable,

Monsieur Gaston s’occupe à Télécon.

Gaston, y’a l’télécon qui son,

Occupé qu’y répond qu’on n’a person.

Cass’ ton télécon qui décon

Mais n’augmente un pacson

Mon abonn’mont.


28/01/2008 22:51
Petit poisson d'avril  0 commentaire

Petit poisson d’avril

Un tout petit poisson d’avril

Pendait tristement à son fil.

« J’en ai vraiment plein l’dos, criait-il en silence,

D’être tout seul dans l’existence ! »

Un joli dos, pourtant ! Car la cambrure des reins,

Un peu plus bas, semblait celle d’un vrai mannequin !

Brusquement, la jeune femme se baisse

Pour mettre à son p’tit chien sa laisse…

Notre aquatique papier, tête en bas, on l’devine,

Loucha vers l’échancrure du jean…

« Bon sang ! dit le poisson, la belle raie !... »

Et son corps, s’allongeant sous une émotion vraie,

Put jusqu’au pantalon s’en aller frétiller…

Le premier jour d’avril, même un poisson d’papier

Est capable de faire des folies.

Moralité :

Petit poisson deviendra grand, pourvu que Dieu lui prête envie.


27/01/2008 23:07
Les deux cloches  0 commentaire

 

Les deux cloches

Ce fut le matin d’Pâques qu’une cloche, arrivant,

Retrouva son amour d’antan.

Celle-ci, poussée par le chômage,

Avait dû se recycler comme cloche à fromage…

L’autre eut du mal à s’habituer :

Ca changeait de l’odeur de sainteté !

Bien qu’ayant suffoqué d’abord à son approche,

Elle eut quand même envie d’lui faire sonner sa cloche,

Et son battant ne fit qu’un bond,

Afin que, l’une dans l’autre, elles vibrent à l’unisson…

Mais pour tinter : tintin ! A l’amant tout en nage

Le silence répondit. Puis la cloche à fromage

Lui avoua d’un air moqueur :

« Arrête, mon chéri, tu bats l’beurre ! »

Moralité :

Quand on s’tape la cloche entre amis

C’est pas les plus beurrés qui font le plus de bruit.

 

 


27/01/2008 19:52
Bluette à la Trenet  0 commentaire

A propos des contractuelles en bleu pervenche

Bluette à la Trenet

Un doux parfum qu’on respire

C’est fleur bleue.

Ah ! pastel près de ma tire ?

C’est peur bleue.

Nuanc’ difficile à dire…

Pas très franche

Ton qui tranche

C’est pervenche !

« Mad’moisell’ je vous azure… »

Colèr’ bleue.

PV ? je le jure sur

L’habit bleu !

Que notre pervenche alerte

Mérite d’être couverte

Oui, de bleus !

Le Petit Lettré -1977 -


27/01/2008 18:42
Le mot de Cambronne  0 commentaire

Le mot de Cambronne

Cambronne avait horreur de l’onomatopée :

Un mot, seul, bien choisi, concrétise une idée.

Les Cinq lettres du mot sont trop ou pas assez :

Pas assez pour l’oreille, un peu trop pour le nez.

Mais le choix d’un slogan, digne de l’Angleterre,

Pour un grand général privé de dictionnaire,

Ne fut pas chose aisée et certes nos rhéteurs

En ont qui dégagent de plus fades odeurs.

Ce mot-là n’est pas fait pour livres de cuisine,

C’est un juron, plus bref qu’un coup de guillotine.

Pensons-y quelquefois, mais n’en parlons jamais,

Car plus on la remue, et plus ça sent mauvais.

Que Cambronne soit loué ! Méditons la franchise

Avec laquelle il leur offrit la friandise.

Et sa garde qui meurt et qui ne se rend pas,

Vaut femme qui se rend, se meurt, et…n’en meurt pas !

 


27/01/2008 9:15
Les deux poules et le père Noël  0 commentaire

Les deux poules et le Père Noël

Deux gentilles petites poules, chacune dans sa roulotte,

Avaient commandé au Père Noël une grosse cagnotte.

La première avait un petit poil à mazout dans sa cheminée

Dont la fumée semblait chanter

En dansant sur son toit :

« Entrez, entrez, il y a du bon feu chez moi. »

La deuxième avait un radiateur électrique.

Lorsque le Père Noël arriva avec sa hotte,

Ne voyant pas de fumée dans la deuxième roulotte,

Il la crut à l’abandon

Et dans la première il déposa tout son pognon.

Moralité :

Quand on est une petite cocotte

Et qu’on veut se faire une grosse cagnotte,

Il faut savoir crier sur les toits qu’on a du feu dans sa roulotte.


26/01/2008 6:14
Le sapin mécontent  0 commentaire

Le sapin mécontent

Tous les ans dans la verte forêt

Les bûcherons choisissent des sapins

Pour le soir de Noël, afin de décorer

La table des festins.

Mais un pauvre sapin oublié

Un jour en eut assez :

« Je veux qu’on me fasse ma fête,

Qu’on couronne ma tête,

Qu’on flatte mes aiguilles.

Je veux qu’on m’illumine. »

Les animaux de la forêt

Furent pris de pitié.

L’araignée tissa un grand fil argenté,

Le ver-luisant alluma ses lampions,

Mais le sapin était toujours grognon

Et il cria devant la foule :

- Où sont mes boules ? Je veux mes boules !

Un grand mâle de cerf dit : « Tiens, les voilà ! »

Et sur la plus haute branche il se califourcha.

Mais par son poids, hélas, le sapin il brisa.

Moralité :

Quand on n’a pas ce que l’on aime

Il faut aimer ce que l’on a.


25/01/2008 7:12
Le Père Noël et la poupée  0 commentaire

Le Père Noël et la poupée

Le Père Noël ne passera pas, cette année.

Le Père Noël est amoureux, c’est insensé.

Il aime d’un amour fou,

Pour ses beaux yeux, pour ses dessous,

Une adorable poupée au rire de porcelaine.

Tous les petits enfants auront beaucoup de peine,

Mais le sort en est jeté :

Le Père Noël ne passera pas cette année.

Sauf si… mais attendez…

En effet, le vieux bonhomme est inquiet :

Il ne peut sourire à sa poupée,

Car il a égaré son dentier.

Il paraît qu’une sorcière a voulu lui venir en aide

En lui disant : laisse faire l’amour qui t’obsède…

Le Père Noël écouta la sorcière

Et ouvrit la bouche en pleine lumière.

La poupée, à cette vue, en mourut d’horreur.

Et le vieux comprit, trop tard, son erreur.

Moralité :

Quand on aime, on a toujours vingt dents.


24/01/2008 22:47
Le corbeau, les cigognes et le messie  0 commentaire

Le corbeau, les cigognes et le Messie

Voici l’histoire

De Mambo,

Un corbeau noir

Au corps très beau.

Présentant bien,

Dans son costume rouge et vert en satin

Et sa chemise rose en satin,

Tous ses copains

L’appelaient Mambo-satin.

Comme il venait de s’acheter à crédit

Des super-chaussures blanches vernies,

Il n’avait plus de sous pour se louer un nid :

C’est par terre, au Bois de Boulogne, qu’il dormait chaque nuit

Et comme, de tous les habitués,

C’était le seul qui venait au bois pour ronfler,

Tout le monde l’appelait

Mambo-satin- roi-des-fourrés.

La nuit de Noël, après avoir quitté

Leur couvent à dix heures et demie,

Pour se rendre à la messe de minuit,

Un troupeau de cigognes

S’était perdu en plein Bois de Boulogne

Après être tombé en panne de bagnole

Et pour des religieuses, quelle malchance

De se retrouver en un tel lieu en panne d’essence !

En voyant le beau corbeau endormi,

Elles le prirent pour le Messie.

La plus hardie

La réveille et lui dit :

« On n’a plus rien à se mettre dans le moteur.

Remplis-nous notre bidon, Ô Seigneur.

On nage dans la débâcle,

De grâce, fais-nous un miracle ! »

Croyant à un cadeau de Noël,

Mambo-satin, roi des fourrés,

Se jette sur elles

Et se met à les … aligner

Derrière un buisson

Pour jouer à saute-mouton.

Les cigognes se laissèrent faire

Puisqu’elles le prenaient pour le fils de Dieu le Père !

Le lendemain elles se réveillèrent

Avec des poches sous les paupières,

Disant que Jésus était bidon,

Car toujours vide était leur bidon.

Moralité :

On se réveille souvent avec des cernes

Quand on prend le Messie pour une citerne


24/01/2008 6:45
La dinde et le père Noël  0 commentaire

La dinde et le Père Noël

Une jeune dinde qui n’avait rien vu

S’égara un jour chez le Père Noël.

Le barbu lui dit : sois la bienvenue !

Quel bonheur pour moi de te voir si belle !

La dinde tout émue bafouille du croupion.

- Viens dans mon traîneau, dit le vieux barbon,

Je te montrerai tous mes beaux joujoux.

La dinde naïve saute sur ses genoux

Et déjà glougloute soupirs et mots doux.

Mais elle crie soudain : - Pourquoi bavez-vous ?

Et pourquoi vos mains fouinent-elles là-dessous ?

- Ne t’inquiète donc pas ! dit le vieux barbon,

Je calcule ton poids et ton temps de cuisson.

Et d’un coup d’un seul il lui tord le cou.

Moralité :

Jeune dinde, si vous êtes trop belle,

Ne croyez jamais au pervers Noël !


23/01/2008 20:28
La déphase de Soissons  0 commentaire

La déphase de Soissons

Clovis, amouraché d’un gros guerrier plein d’poils,

Lui offrit à Soissons un joli vase d’opale,

Puis retourna chez lui avec un bouquet d’fleurs

Vers sa femme adorée qui se mit en fureur :

« Et dans quoi j’vais les mettre ? C’est tout ce que tu ramènes

De tes pillages sanglants ? C’est vraiment pas la peine !... »

Clovis alla retrouver son amant sans tarder :

« Rend-moi mon vase, mon chou, ma femme est mal lunée ! »

L’autre n’osa pas dire qu’il l’avait mis en miettes

Dans une orgie, un soir qu’il jouissait comme une bête…

« Je ne sais plus où il est, dit-il, mais j’y peux rien…

Tu sais, je perds la tête, j’ai pris un coup d’gourdin… »

« Rappelle-toi notre vase » dit Clovis nostalgique,

Avec un coup de hache purement thérapeutique.

Mais le mal s’aggrava… Tant qu’on n’y connaît rien,

On peut jouer au docteur… mais pas au chirurgien !


23/01/2008 19:20
Qu'est-ce qu'elle a ma Gaule ?  0 commentaire

Qu’est-ce qu’elle a, ma gaule ?

Un jour, le grand César, un peu las de la guerre,

Vint pêcher en Auvergne, au bord d’une rivière ;

Une ligne y trempait qu’agitait un poisson.

Alors Jules s’en empare quand soudain, d’un buisson,

Sort Vercingétorix, débraillé, mais très digne.

- On peut plus s’absenter ? Pêche ailleurs, c’est ma ligne !...

- Cette gaule m’appartient ! fit César convaincu ;

Je suis venu, j’ai vu, et surtout j’ai VAINCU !

- Peut-être, mais moi j’ai qu’une seule gaule…

Dit Vercingétorix qui savait être drôle.

- C’est ma foi vrai, quelle tige !... rétorqua le Romain ;

Voyons si t’en es digne, Gaulois ; défends-la bien !

Puis César attaqua le moustachu barbare

Et le fit entrer à jamais dans l’Histoire…

Moralité :

Tous les chemins mènent à Rome, c’est la leçon des anciens.

Grâce à eux, cette fois-là, la guerre des gaules prit fin.


23/01/2008 17:07
Spécial Ch'ti : les étrennes du gamin  0 commentaire

Les étrennes du gamin

Quand r’vient l’preumi janvier, c’ess t’avec émotion

Que j’erpinse à m’jeun’ temps, à tout’ les traditions

Des nouvel an passés, quand, avec mes parints,

Je f’sos l’tournée d’étrennes selon un rit’ souv’rain.

On dallot, tout matin, visiter l’parinté,

Répétant, sans façon, « Bonne année, bonn’ santé ! »,

A l’vieill’ ma tant’ sans dints, à l’généreus’ marraine,

Au vieux mon oncl’ barbu comme à l’cousin’ germaine.

C’astot, suivant les cas, des souhaits fort sérieux,

Des fricassées d’musiaux, des complimints joyeux.

C’qui y avot d’amusant, c’est, qu’avant chaqu’ maison,

Em popa annonçot l’couleur d’el réception .

« Droci, qu’y nous disot, ça s’ra des p’tits bols bleus

Et du fayeux café, des chucs coupés in deux,

Un mélange ed biscuits ach’tés au p’tit bazar,

Mais eun’ bonn’ goutte à prones comme on n’in boit null’ part »

A l’deuxièm’ port’, ç’astot eun’ maison pus bourgeoise :

On avot des gaufrettes et d’el goutte à framboise.

D’sus l’nappe y’avot des tasses, des sous-tasses, des cuillères,

Et même eun’ pince à sucr’ dins un sucrier d’verre.

Là, j’ercevos m’bon an, eun’ pièce ed quarant’ sous,

Pour mi, eun’ vraie fortune, un trésor, un bijou !...

A l’troisièm’ port’, par contr’, chez l’vagu’ cousin mireux,

On r’fusot d’print’ quedcose : ça f’sot plaisir aux deux.

Mais i fallot quand mêm’ goûter s’goutte favorite,

Du cassis, d’un goût fade… car après chaque visite,

I r’mettot n’béquie d’iau pou rattraper l’niveau…

Pi on r’perdot no rout’ pinsant vir’ du nouviau.

Alors, à l’port’ suivant’, el caf’tière à cauchettes

Nous rattindot d’sus l’poêle in feumiant pas s’busette.

Là, on causot des gins, mingeant des macarons,

Buvant un fond d’cognac qui vous donnot l’frisson.

Ainsi, pindant longtemps, a comminché l’année,

L’estomac barbouillé mais contint d’no tournée.

Quand approchot midi, on rintrot à l’maison :

Alors, d’sus l’poêle à pot, on réchauffot l’bouillon.

On dinot sans traîner, connaissant les usages

Des cousins, des mais, des gins du voisinage,

Respectant, yeusses étout, l’programme de leu’ tournée.

Oui, l’Nouvel An, pour mi, ça s’tot eun’ bell’ journée !

J’in ai de bons souv’nirs, et m’mémoire est gardienne

Du caractère sacré des traditions anciennes.

Café, gouttes ed tout’s sortes, gaufrettes ou macarons,

Pou ercevoir leus gins, chacun avot s’façon.

Qu’ça fusse tout au matin, à midi ou au soir,

J’sus co de c’vieux temps-là, si vos volez l’savoir.

Si vous v’nez m’esbimer, vos n’aurez point d’surprises :

Vos aurez des galettes et d’el goutte à cerises…

D’après Auguste HANON, poète patoisant de l’Avesnois.


23/01/2008 16:11
La vraie chanson de Roland  0 commentaire

La vraie chanson de Roland

« Elles sont folles de mon corps ! » dit Roland à Roncevaux.

De cette armée en marche traversant monts et vaux,

Il commandait l’arrière ; c’était la bonne combine

Pour affronter tranquille les petites Sarrasines

Que ces preux ramenaient, fourbus, de leurs combats.

Sur des chariots branlants, on faisait la nouba !

Les esclaves aspiraient à leur tailler leurs bières,

Car en faisant l’amour, elles faisaient la guerre.

Si bien qu’elles se ruèrent sur Roland assailli

Par tant de Sarrasines, comme une crêpe aplati…

« Olivier, gémit-il, j’assure que dalle !

Viens me prêter main forte, j’trouve plus ma Durandal ! »

- La v’là ! dit Olivier tout en la brandissant…

Loin devant, Charlemagne eut un pressentiment.

« On dirait que mon neveu se fait prendre à l’arrière… »

- Tu parles, Charles ! C’est mon bide ! dit un soldat vulgaire…

Ainsi mourut Roland, longeant un col étroit.

Moralité :

L’amour, dans les transports, c’est plus dangereux qu’on croit !


23/01/2008 13:11
La petite souris qui voulait devenir aussi grosse que son beauf  0 commentaire

La petite souris qui voulait devenir aussi grosse que son beauf

La petite souris des champs

S’en vint rendre visite à sa sœur

Dans son loft du Sacré-Cœur.

En voyant son beauf’ bien gros et bien rond

Qui sentait bon le pognon,

Elle décida de devenir, elle pourtant si menue,

Comme lui aussi ventrue.

Sa sœur alors lui dit : « Au contraire, animal,

Renonce à tes projets de ripaille

Et conserve bien ton tour de taille

Si tu veux t’élever dans l’échelle sociale.

Sache aussi qu’il te faudra beaucoup de santé pour grimper

Tous les barreaux de cette échelle de société

Qu’on appelle aussi une échelle de pompiers

Tellement son sommet donne le vertige,

Car plus on grimpe et plus les barreaux ressemblent à des vestiges.

Un conseil encore :

Fais du sport,

Car dans ce monde, si l’on manque de souffle,

On peut en mourir si on étouffe.

Fais comme moi, comme tout le monde,

Fais des pompes.

Tu devras aussi prendre grand soin

De chaque barreau que tu tiendras en main.

De plus, si tu veux plaire,

Il te faudra soigner ton vocabulaire.

Pour être introduite dans le monde,

Il faut avoir une conversation profonde,

C’est-à-dire avoir la langue experte,

Montrer que l’on est une femme ouverte,

Et faire savoir que l’on aspire

A prendre en main son avenir.

Le lendemain,

Elle mit la main

Sur le premier barreau de l’échelle sociale,

Après avoir dîné avec un conseiller municipal.

Aujourd’hui la voilà déjà

Assistante d’un grand avocat…

Mais elle grimpera encore plus haut,

Elle qui a su introduire le plus important membre du barreau

… Dans sa chambre des requêtes.


23/01/2008 9:54
La note et le musicien  0 commentaire

La note et le musicien

Un musicien tomba amoureux d’une note.

Mais c’était une note échappée d’un missel,

Confite de prières et d’humeur fort dévote.

Jour et nuit pourtant il câlina la belle.

L’adorée prit des pauses, il poussa des soupirs.

D’idées noires en nuits blanches, il souffrit le martyre.

Il la traita de ut, elle le traita de fat,